Préambule

En effet, ce n’est pas un hasard si l’ensemble des participant(e)s a voulu rattacher cette valeur de participation des individus à la création de moyens d’échanges sur les territoires de vie.

Si cette envie forte est apparue à ce moment là, c’est que déjà, suite aux Rencontres de Bidart et du Pellerin, des divergences importantes d’applications se sont ressenties.

En effet comment faire partager et participer aux valeurs fortes du Mouvement, toutes et tous, en allant plus loin que la création simple d’une monnaie locale qui développerait des outils proches de la monnaie officielle, sans grande contrainte qui ne nous sort pas de notre zone de confort, mais crée l’illusion d’une nouveauté, par un nom, une démarche culturelle, une facilitation des échanges économiques, etc.

Alors comment faire vivre cette participation Citoyenne dans les MLCC ? Peut être se souvenir des concepts de la citoyenneté ?

Citoyenneté qu’est que c’est ?

Dans l’antiquité c’était une personne qui avait le droit de cité. Du temps des Romains la citoyenneté des villes s’appelait bourgeoisie.

C’est en 1789 à la révolution française, que le terme citoyen remplace le mot bourgeoisie.

Dans la déclaration des Droits de l’Homme (aujourd’hui nous pourrions dire l’être humain) et du Citoyen, l’article 11 est intéressant. Art 11 : La libre communication de pensée et des opinions est un des Droits les plus précieux de l’Homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi.

Aujourd’hui, plus concrètement, personne(s) ou groupe qui met les intérêts de l’humanité au dessus de tout. La citoyenneté, est alors définie, comme une personne étant membre, à part entière d’une communauté, qui a le droit de cité et d’agir pour le bien commun.

Alors comment vivre sa citoyenneté et comment participer concrètement ? En quoi cette participation s’inscrit-elle dans une perspective de changement ? Aujourd’hui, tel un lapin sortant du chapeau du magicien, nous découvrons la citoyenneté et la démocratie de proximité. Cela suffit-il ? Pour beaucoup d’entre nous, ce concept est trouble et la citoyenneté demeure quelque chose de bien abstrait, des fois indéfinissable. Alors, pour ne pas nous poser trop de questions, souvent pensant agir soi-disant dans l’urgence, pour se donner bonne conscience, nous traitons les Autres comme des pas Capables.

Mais souvent, disent certains, nous proposons à d’autres de nous rejoindre. Ils ne viennent pas. Donc je suis obligé de continuer. Et oui, tout d’un coup nous nous sommes mis dans une situation où nous sommes indispensables. C’est comme si nous demandions à une personne qui n’a pas le permis voiture, de conduire. Et oui, il faut trouver des outils ensemble permettant à chacun de participer et de trouver des réponses qui sont les siennes et qui vont permettre au projet d’avancer. Si l’on parle de citoyenneté, définition très conceptuelle cela n’entraîne que rarement dans les faits de véritables formations co-construites à la participation. La formation co-construite, un outil libérateur, permettant à chacun de trouver sa place, à égalité avec les autres. Adieu, le pouvoir de la connaissance descendant ! Bienvenue aux partages des potentiels, permettant à toutes et tous d’être des citoyen(ne)s actifs ! A partir de là, les adhérent(e)s de nos monnaies, les commerçants, les bénévoles et autres se sentiront plus à l’aise et pourront plus facilement accompagner, s’ils le veulent, la Monnaie Locale Complémentaire Citoyenne. Ils pourront participer en connaissance de cause et non pas en étant simplement un pion qu’on utilise. Ils pourront alors sortir de cette situation stigmatisante de la personne qui n’est pas capable et qui est morte sans essayer. « Non je vis, j’ai ma place, je suis capable »

Il est vrai que la participation ne se décrète pas du jour au lendemain. Se référer à la participation c’est se référer à un système de valeurs fondant les rapports entre Humains. C’est faire exister l’autre et lui permettre de trouver une citoyenneté légitime. C’est donc de prendre en considération l’autre, de le respecter et donc de l’associer à l’idée de participation. La participation implique donc des changements dans nos attitudes, dans les regards portés les un(e)s sur les autres. Mais la participation demande du temps. L’expression d’une démarche citoyenne demande donc du temps. Si nous ne voulons pas être dans une démarche de participation manipulatrice, comme le dit Sherry Arnstein, mais plus sur le pouvoir citoyen, l’urgence pour nous, dans les Monnaies Locales Complémentaires Citoyennes, n’est pas la réponse immédiate à un système économique. C’est de se projeter sur du long terme avec des citoyen(ne)s formé(e)s, conscient(e)s de l’enjeu sociétal. Ils formeront un socle de plus en plus important, solide et capable de résister.

Conclusion

Ces quelques mots, ne sont là, que pour échanger entre nous sur la participation et la citoyenneté. Cette réflexion est là pour nous aider à imaginer quels seraient nos forces, si nos actions n’étaient pas uniquement tournées vers l’économie (ou le système actuel est très fort), mais vers le développement d’une citoyenneté active dans nos monnaies locales.

Pour cela nous devons avoir une formation d’éducation populaire innovante, répondant aux attentes et aux besoins des populations de nos territoires. Si nous sommes calqués sur le système d’échange actuel, nous ferons pour certains du nombre, du chiffre d’affaire, un rassemblement culturel du territoire, mais nous ne permettrons pas aux personnes de rêver à un autre monde où ils ont leur place en tant que Citoyen. C’est ce travail là qui nous motive aux MLCC et qui fait que nous avançons sur un chemin long, mais qui est le nôtre, pour une société respectueuse du Vivant.

Une prochaine fois nous pourrons échanger sur les propositions de formation à la citoyenneté et la déconstruction de notre statut de Sachant.

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